7020 Un Américain à Paris

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Un Américain à Paris
Un blog Yagg
Non classé | 13.02.2015 - 13 h 58 | 0 COMMENTAIRES
Les questions non posées aux religieux sur HomoMicro

coexistDepuis bientôt un an, j’ai le plaisir et l’honneur de participer à l’émission de radio hebdomadaire HomoMicro, partenaire d’ailleurs de Yagg.com. Nous avons fêté les dix ans de l’émission il y a quelques semaines, et le fondateur et animateur de l’émission, Brahim, tenait à inclure dans les thèmes traités lors de cette émission XL la religion. Des représentants d’associations protestante, catholique, juive, et musulmane ont été invités pour plus de 30 minutes d’antenne.

Je participais à la préparation de cette émission, et j’avais proposé qu’un contradicteur fasse partie du panel, ou du moins un athée, car la religion n’est pas le domaine des seuls religieux. Il manquait de place, physiquement et conceptuellement, pour ça, et je le regrette, car à l’écoute de cette partie (qu’on retrouve ici), je déplore l’absence de quelques questions évidentes.

Je ne vais pas analyser les propos d’untel ou unetelle, ni chercher à distinguer les nuances entre les différentes superstitions croyances représentées, car il s’agit en chaque cas de religions peu ouvertes aux homosexuels et à l’homosexualité, de croyances ayant soutenu ou justifié non seulement l’homophobie, mais aussi le sexisme, le racisme, l’esclavage, au cours de plusieurs siècles, voir millénaires. Ce qui les rapproche le plus ce sont le plus souvent les choses les plus abjectes de l’humanité.

Mais je ne suis pas là pour dénoncer la religion. Les invités l’ont fait mieux que moi en parlant de « souffrances » et d’exclusion. La question qui manquait ce jour là, c’est une question si évidente que pour presque tout autre domaine, ce serait la première posée. Si je vous entends vous plaindre du fait que vous avez mal en vous frappant la tête avec un marteau, je vous répond : Pourquoi persistez-vous à vous frapper la tête avec un marteau ?

Nous sommes en France. Nous ne sommes pas en Grèce ou Liban où sa confession figure sur sa carte d’identité. Nous ne sommes pas en Allemagne où on est imposé selon le culte de son baptême. Nous sommes dans un pays laïc et libre où la religion est un choix personnel et individuel. Alors pourquoi s’identifier avec une institution qui vous déteste, qui vous rejette, qui vous crache dessus ? Ces invités avaient leur place dans une rubrique masochisme, peut être. Car les entendre parler de progrès, de petites évolutions vers plus de tolérance, c’est comme entendre une femme battue défendre son agresseur qui est « très gentil sauf quand il a bu ».

Sinon, les religieux ont toute leur place dans une émission spéciale « Je vis dans un monde fantastique » où on les reçoit avec des furrys, des LARPeurs, et les bronies. A la différence près que toutes ces cultures là procurent du plaisir pour les pratiquants, et non pas de la souffrance.

Culture | 17.12.2014 - 11 h 28 | 4 COMMENTAIRES
Thomas Barrow peut-il connaître l’amour ?
downtonabbey_season5_tt_hires-scale-690x390

Adapté de mon intervention sur l’émission HomoMicro.


Downton Abbey est une co-production anglo-américaine, une série dramatique d’époque, dont l’intrigue débute en 1912 avec le naufrage du Titanic et dont la cinquième saison cette année se déroule en 1924. Dans la tradition de Upstairs, Downstairs ou Maîtres et servants, on suit la vie d’une famille aristocratique sur le déclin dans un monde qui bouge. Ce sont les Crawley, et évidemment, on suit aussi la vie de leurs domestiques.

Pour plaire aux gays, il y a de beaux costumes et décors d’un manoir anglais, mais aussi de jolis garçons, comme le héros dans les premières saisons, Matthew Crawley, joué par Dan Stevens, qu’on avait déjà vu dans la très belle mini-série La Ligne de beauté. Il est très beau. Il y a de belles filles aussi de tous genres. Mais parmi les beaux garçons, celui qui nous intéresse le plus, puisque gay, c’est le valet Thomas Barrow.

james-collierC’est un personnage plutôt torturé, qui joue souvent le rôle du méchant. Dans les premières saisons, il est complice de la très méchante O’Brien, la bonne de Madame Cora Crawley, la comtesse Grantham, maîtresse de Downton Abbey, le château de la famille Crawley. Barrow est ambitieux. Au début de la série il est lacquais et il ne pense qu’à être nommé le valet du comte Grantham. Il se trouve sur son chemin un obstacle inattendu, qu’il essaie de dépasser en utilisant une relation sexuelle qu’il a eu avec son précédent employeur, un riche lord, relation qu’il renouvelle brièvement lors de la visite du lord à Downton Abbey.

Lors de la première guerre mondiale, il pense éviter le pire en se portant volontaire comme infirmier-brancardier, mais ne supportant pas le combat, il lève sa main au dessus de la tranchée pour se faire tirer une balle ennemie dedans et se faire invalider. De retour à Downton Abbey, il travaille à l’hôpital du village, où il tombe amoureux d’un officier aveuglé lors de la guerre. C’est l’une des rares occasions où l’on voit un Barrow gentil et tendre. Hélas, la veille de son transfert vers un hôpital de convalescence, l’officier, dépressif, se suicidera. Pauvre Thomas !

jameskentC’est mélo, et c’est pour ça qu’on l’adore ! Pour des raisons trop longues à détailler, sa complice O’Brien se retourne contre lui, et va manigancer sa déchéance. Pour ça elle encourage les espoirs de Barrow qui s’est épris du nouveau lacquais Jimmy, qui est l’une des plus belles créatures au monde.

O’Brien va tout faire pour persuader à Barrow que Jimmy est susceptible de tomber sous son charme. Barrow, convaincu que Jimmy l’aime, pénètre un soir dans la chambre du blondinet pour lui proférer un baiser. Jimmy se réveille en horreur et fait un scandale, vu et entendu par un autre serviteur qui le rapporte au major-dome qui est obligé de renvoyer Barrow. Le major-dome lui dit qu’il lui donnera de bonnes références, sans s’empêcher de traiter Barrow de sordide. Barrow devient la voix des marginaux et des exclus en répondant : « Je ne suis pas sordide. Je ne suis peut être pas comme vous, mais je ne suis pas sordide. »

Ca pourrait être la fin du personnage dans la série, mais suite à l’intervention d’un autre personnage, et contre toute attente, Barrow finira par garder sa place, en partie parce que c’est un bon joueur de cricket, et le comte Grantham souhaite le garder pour l’équipe du château lors du match annuel contre les villageois. Les rapports entre Jimmy et Barrow restent tendus pendant plusieurs mois, jusqu’au moment où Barrow intervient pour sauver Jimmy d’une bande de voyous qui voulaient le détrousser. Barrow, sévèrement battu par les voyous, explique à Jimmy qu’il le suivait car il avait vu que Jimmy avait trop bu, et que Jimmy devrait comprendre les motifs de l’intérêt de Barrow pour lui. Jimmy explique qu’il ne pourra jamais avoir des sentiments pour Barrow comme Barrow les a pour lui. Barrow lui dit qu’il serait déjà content d’avoir Jimmy comme ami. Des années plus tard, lorsque Jimmy s’en ira de Downton Abbey, il quitte Barrow comme un ami, en s’étonnant d’avoir eu quelqu’un comme lui, à comprendre un homosexuel, comme ami.

Alors, Barrow connaîtra-t-il l’amour ? Vu l’époque, c’est impossible. Au cours de la cinquième saison (spoiler) Barrow va avoir recours à un traitement pour se guérir de son homosexualité, traitement qui va faillir le tuer. D’ailleurs cette tentative d’être « normal » est plus plausible que la bienveillance dont il bénéficie parmi le personnel et la famille de Downton Abbey. En gros, on désapprouve, mais on tolère. La gouvernante dit qu’elle en a vu d’autres. Le comte Grantham évoque ses expériences en pensionnat, et intervient pour éviter à Barrow des ennuis avec la justice suite à l’incident du baiser. Mais il faut croire que dans la réalité un domestique n’aurait pas bénéficié de la même clémence.

On comprend néanmoins le choix du scénariste. Pour nous téléspectateurs de notre époque, l’homosexualité de Barrow fait de lui une figure tragique, et donne une profondeur à un personnage globalement méchant, jaloux, et prêt à pas mal d’ignominies pour obtenir satisfaction. Son homosexualité est un bon ressort dramatique, même si son parcours semble bien plus clément que le statut des homosexuels de basse extraction mériterait au début du 20e siècle.

En tout cas, c’est une excellente série, et si l’on ne le regarde pas pour Thomas Barrow, il y a toujours la Lady Mary, une excellente garce, comme les gays les adore.

Non classé | 12.12.2014 - 19 h 25 | 3 COMMENTAIRES
Quand le « jumeau hétéro » et le « jumeau homo » n’en font qu’un… et qu’il est gay
pfox

Infos du site web d’une chaîne télé locale de Virginie aux Etats Unis.

Un panneau publicitaire routier à Richmond, capitale de la Virginie, payé par un groupe homophobe faisait la promo de l’idée que l’on choisit d’être homosexuel. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas génétique. C’est déjà une fausse idée, car on peut imaginer que l’on naisse homosexuel sans qu’il s’agisse de génétique. Mais selon ce principe, la démonstration du fait que l’homosexualité serait choisie, c’est que chez des jumeaux l’un peut être homosexuel et l’autre hétéro. Leur preuve de ceci, l’image de deux jeunes gens, des jumeaux, un gay l’autre straight.

Sauf, hélas, qu’il s’agit de photos commerciales de la même personne, un modèle habillé tantôt en costume, tantôt en tshirt.

Le modèle en question est sud-africain, et les photo font partie d’une série faite il y a plusieurs années. Pire (ou mieux), le modèle, Kyle Roux, est lui-même gay. La campagne publicitaire homophobe ayant reçu beaucoup de couverture médiatique à travers le monde, Kyle Roux s’est trouvé assailli de questions sur son frère jumeau hétéro dont tout le monde ignorait l’existence.

Interrogé sur le fait sur ce mensonge grossier, l’interlocuteur du groupe Parents and Friends of Ex Gays, s’est défendu en arguant que les photos n’avaient aucune importance et que seule la « science » comptait. Sauf, bien sûr, que c’est tout ce que l’on voit sur ce panneau.

L’Amérique est un pays libre. N’importe qui peut acheter une pub pour dire n’importe quoi. En l’occurrence, vraiment n’importe quoi.

Pour ce qui est de la science, voici un premier élément.
NBC12 – Richmond, VA News

Non classé | Sport | 19.11.2014 - 09 h 35 | 0 COMMENTAIRES
Le CIO intègre l’orientation sexuelle à la Charte olympique : super nouvelle, mais ensuite…?
ioc2020athletes

Hier je me retrouvais dans un atelier, dont je téléchargeais des photos sur Facebook. Et là j’ai vu une info qui m’a fait sauter de joie : enfin le Comité international olympique allait modifier la Charte olympique pour y inclure des protections contre la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle.

Cette annonce fait partie des 40 recommendations publiées hier afin de préparer la séance du CIO le mois prochain à Monaco. A cette occasion le processus Agenda 2020 initié par le président du CIO, Thomas Bach, qui prévoit d’importantes modifications dans les candidatures et dans l’organisation des jeux, sera voté.

Cette révision est significative. Il y a plus de quatre ans je faisais partie de la première tentative officielle de la provoquer. La campagne « Principe 5 » de la Fédération des Gay Games (la numérotation a changé depuis, et il s’agit maintenant du Principe 6) demandait au CIO de rendre explicite l’orientation sexuelle comme critère de protection contre la discrimination dans le sport. Cet appel a été repris par d’autres, et notamment par Pride House International, surtout au moment des jeux de Sotchi.

Le nouveau texte (il s’agit de notre traduction de l’anglais) prévoit que : « Le bénéfice des droits et libertés établis par la Charte olympique sera assuré sans discrimination aucune, et notamment sur la base de sa race, la couleur de sa peau, son sexe, son orientation sexuelle, sa langue, sa religion, ses opinions politiques ou autres, son origine nationale ou sociale, sa propriétés, sa naissance, ou tout autre statut. »

Il y a quelques semaines, alors qu’on faisait beaucoup de bruit à propos d’une modification proposée du contrat de la ville hôte olympique, j’avais exprimé mes doutes sur l’intérêt de la chose. Le langage proposé faisait déjà partie du contrat, et toute référence à la clause de non discrimination qui ne mentionnait pas explicitement l’orientation sexuelle n’avait que peu d’intérêt pour les sportifs gais et lesbiens.

Depuis, les protections dans le contrat ont été étendues, avec la nouvelle que le contrat allait enfin intégrer des mentions relatives aux droits de l’homme (du moins en théorie). Bientôt, enfin, le Principe 6 de la Charte rendra explicite la protection pour les sportis gais et lesbiens que l’ancien président du CIO Jacques Rogge et son successeur Thomas Bach prétendaient y était déjà de manière implicite.

Maintenant arrive le plus dur pour le CIO : Comment le respect des droits de l’homme sera-t-il suivi et mesuré ? Comment faire que les engagements pris par la ville hôte soient respectés ? Sans des dispositifs idoines, ces engagements ne valent pas grand chose, et peuvent même simplement servir de couverture pour le CIO (et ses sponsors) alors que rien ne change sur le terrain.

Comment les dizaines de fédérations sportives internationales et les presque 200 comités olympiques nationaux vont-ils mettre en oeuvre le nouveau langage de la Charte olympique ? Le CIO prétend gouverner l’ensemble du sport mondial, non seulement les Jeux olympiques. Et surtout, la discrimination peut avoir lieu avant les JO. Un sportif emprisonné (ou tué) pour motif d’homosexualité n’est pas vraiment disposé à participer aux épreuves de sélection aux jeux.

Même moi qui continue à douter, je veux saluer Thomas Bach d’avoir réalisé ce qu’il avait intimé lorsque je l’ai rencontré il y a un an à Paris lors de la toute première rencontre entre un président du CIO et des groupes sportifs LGBT. L’Agenda 2020 sera vote, la Charte sera modifiée. Après ? Au CIO de montrer qu’il ne s’agit pas de vaines paroles, et que le sport sera réellement pour tous.

Actu | 31.10.2014 - 13 h 35 | 1 COMMENTAIRES
Les Américains vont aux urnes : Quels enjeux pour les LGBT ?
ballotbox

Étiquettes : ,

Nous sommes début novembre, ce qui veut dire pour les Américains, le jour des élections. S’il y a des élections diverses et variées à tout moment de l’année, le mardi suivant le premier lundi de novembre est important parce que depuis 1845, quand une loi fédérale fixait ce jour pour l’élection présidentielle tous les quatre ans, on a pris l’habitude d’organiser la plupart des scrutins le même jour, tous les ans. (Pourquoi ce jour là ? Sans doute parce que les récoltes étaient terminées, mais il ne faisait pas encore assez mauvais temps pour se déplacer aux bureaux de vote.)

Cette année il n’y a pas d’élection présidentielle, car on est à la fin de la deuxième année du deuxième mandat de quatre ans du président Obama. C’est pour ça qu’on ces élection des années paires non présidentielles les « mid term elections », les scrutins de mi-mandat présidentiel. Bien entendu, les années des présidentielles voient le plus d’intérêt, mais les mid-terms ne sont pas loin, car au niveau fédéral l’ensemble de la chambre des représentants est renouvelé, ainsi qu’un tiers du sénat.

Alors, quels sont les enjeux pour les LGBT lors de ces élections ?

Au niveau fédéral les enjeux sont limités. La chambre est déjà à droite et le restera, et au sénat, les Démocrates risquent fort de perdre leur petite majorité. Comme lors de chaque fois qu’il y a des mid-terms, il y tendance pour le parti du président à perdre des sièges, donc la question qui se pose, c’est l’échelle de la déculottée pour les Démocrates. Cela dit, les Démocrates pourraient garder le contrôle du Sénat de justesse, et les LGBT pourraient y jouer un rôle. L’une des surprises de cette campagne est la candidature de Michelle Nunn, fille d’un ancien Sénateur de la Géorgie, est qui représente un vrai espoir pour les Démocrates de reprendre un siège républicain. Or, la Géorgie est un état conservateur, et Nunn a déçu un certain nombre d’électeurs LGBT, qui d’habitude préfèrent les Démocrates et les gratifient de leurs voix et de leurs dons, en refusant de soutenir le mariage pour tous. Tout comme Jason Carter, candidat démocrate au poste de gouverneur, et lui même fils d’un ancien gouverneur et ancien président au nom de Jimmy Carter, elle n’a pas obtenu le soutien du grand journal LGBT d’Atlanta, car les deux candidats ont snobé ce journal et ont refusé de prendre part à la marche des fiertés de la ville.

Les questions LGBT au niveau fédéral sont un peu au point mort, ce que l’on peut voir à travers deux dossiers très importants, le mariage et la discrimination. Pour ces questions, le jeu ne se passe pas ou peu à la législature. Le mariage se joue désormais dans les tribunaux fédéraux, où la tendance est très forte d’étendre le mariage pour tous à tous les états. C’est la suite logique de la décision de la Cour suprême d’invalider la loi DOMA qui refusait la reconnaissance du mariage pour tous au niveau fédéral et entre états. Le raisonnement juridique de cette décision s’applique aussi aux lois et aux constitutions des états, d’où une vague de décisions favorables à l’égalité. Et jusqu’ici la Cour suprême à préféré laisser faire, ce qui veut dire que sans coup de théâtre, il est quasi inévitable que le mariage pour tous devienne la loi pour tout le pays. Et pendant encore deux ans, l’administration Obama va suivre la tendance, étendant à chaque état où le mariage pour tous existe les avantages du régime matrimonial au niveau fédéral.

Pour ce qui est de la protection contre la discrimination, il s’agit de la loi ENDA, pour laquelle il y avait quelques espoirs lors de la mandature actuelle. Mais malgré beaucoup de compromis, cette loi qui devait interdire la discrimination contre les gays et lesbiennes dans l’emploi n’a pas abouti. Et dans le prochain congrès qui sera encore plus à droite que l’actuel, une telle loi n’est pas près de voir le jour lors de la mandature prochaine. Mais ce n’est pas sûr que ce soit une mauvaise chose que cette mauvaise loi passe. Déjà les parlementaires qui proposaient cette loi refusaient d’inclure les trans, afin d’améliorer ses chances d’être votée. Ensuite, des dérogations à gogo ont été introduites pour amadouer les religieux. Or, avec les récentes décisions absurdes de la Cour suprême sur la liberté religieuse, notamment en étendant aux sociétés anonymes un droit à la croyance religieuse, les défenseurs de l’égalité ont estimé qu’une telle version d’ENDA n’offrait aucune garantie aux personnes gaies et lesbiennes, sans parler des trans, le dindons de cette farce.

A revoir dans deux ans, et seulement si les Démocrates conservent la présidence et reprennent des sièges aux deux chambres du Congrès, ce qui semble possible.

Mais il n’y a pas que les législatives fédérales cette année : il y a des élections au niveau des états, pour leur gouverneurs et leurs législatures, et au niveau local, municipalités et autres collectivités locales, les intercommunalités, les autorités diverses et variées. Même lors de mid-terms on peut voter pour des dizaines de postes, sans parler des propositions et référendums populaires, parfois aussi au nombre de dizaines. Dans ces entités, il y aura de vrais enjeux, mais au vu de leur multiplicité, ils sont difficiles à repérer. De ce fait, nous parlerons de quelques tendances générales.

Au niveau des états que se jouent beaucoup de dossiers importants. Pour ce qui est du mariage, c’est foutu pour eux tout comme pour la législature fédérale, mais pour ce qui est de la discrimination, c’est une question brûlante. On a vu, par exemple, des états qui ont interdit aux collectivités locales d’inscrire dans leurs arrêtés municipaux la non discrimination à titre de l’orientation sexuelle. C’est à dire que les états avec une majorité parlementaire de droite interdisent aux collectivités de protéger les LGBT. C’est assez insensé : les conservateurs qui prônent un gouvernement minimaliste qui respecte le droit des individus et des collectivités qui lui sont subordonnées veulent interdire l’interdiction de discriminer. On a vu aussi dernièrement des droits autorisant explicitement la discrimination homophobe pour des motifs religieux, par exemple dans l’Arizona. Mais globalement le risque le plus fort, c’est pour les femmes.

La Cour suprême a trouvé il y a 40 ans que l’accès à l’avortement était un droit constitutionnel, mais depuis quelques années, la Cour actuelle, bien plus à droite, donne son aval aux attaques sournoises contre ce droit, notamment celles votées par les états conservateurs. Il s’agit par exemple d’imposer aux cliniques les obligations propres au bloc opératoire d’un hôpital, ou obliger aux femmes cherchant une IVG un délai de réflexion. Mais ça ne concerne pas seulement l’avortement, mais aussi l’accès à la contraception, ou des questions comme l’éducation à la sexualité.

Vus de l’Europe, on se focalise sur le gouvernement fédéral, avec des correspondants localisés à Washington ou New-York. Il ne faut certes pas négliger le niveau fédéral, mais les blocages sont tels qu’il y a peu de chances que les choses changent pour le bien ou pour le mal. Il faut que le président Obama soit beaucoup plus affirmatif dans la désignation des juges fédéraux, qui restent en place à vie. Mais surtout, il faudra que les LGBT et leurs amis qui votent soient attentifs aux autres scrutins de demain.

Non classé | 13.10.2014 - 14 h 40 | 2 COMMENTAIRES
L’organisme @ICANN livre le nom de domaine .gay aux seuls intérêts commerciaux : #ICANNisBroken
dotgay

Lire aussi cet article de Yagg de février dernier.


Aujourd’hui le 13 octobre aura lieu à Los Angeles une réunion critique pour l’avenir en ligne de la communauté LGBT. En marge d’une réunion mondiale d’ICANN, l’organisme de droit californien chargé par le gouvernement américain de la gestion de l’internet, aura lieu une recontre entre des délégués de l’ICANN et des représentants de dotgay LLC, l’entreprise créée par un certain Scott Seitz pour défendre le principe d’une gestion communautaire du futur nom de domaine .gay.

Il s’agit avec .gay d’un de centaines de nouveaux noms de domaine lancés par l’ICANN, comme .ibm ou .paris. Il s’agit avant tout d’une démarche commerciale, qui rapportera gros à l’ICANN. Mais l’organisme s’est quand même doté d’une procédure parallèle pour préserver la possibilité à titre exceptionnel d’une gestion communautaire de certains noms de domaine.

C’est le cas de .gay, où dotgay LLC s’affronte à trois entreprises purement commerciale pour obtenir le droit de gérer ce nom de domaine très recherché. Après des mois et des mois de procédure, d’enquêtes, de contestations, une dernière étape a été franchie la semaine dernière avec l’annonce du résultat de l’évaluation de priorité communautaire réalisée par l’Economist Intelligence Unit au profit de l’ICANN.

Le résultat est catastrophique, avec 10 points sur un barême de 16, où il fallait atteindre 14 points pour être retenu.

Le motif de déduction des points manquants illustrent à merveille à quel point la procédure est déloyale et faite pour empêcher dotgay LLC (ou tout autre candidat communautaire) de réussir. On remarque en passant que le fait de rejeter la priorité communautaire à dotgay LLC a comme résultat une mise aux enchères du nom de domaine .gay, ce qui est évidemment bien plus rentable pour l’ICANN.

Il a suffi, par exemple, qu’un organisme (et un seul, les Républicains de Texas, pour tout savoir) transmette un avis défavorable au dossier dotgay, avis qui a été rejeté par l’instructeur ICANN, d’ailleurs, pour faire perdre un point. ICANN demande des avis, il en reçoit, et même si cet avis est sans fondement, le simple fait qu’il existe suffit pour priver dotgay d’un point.

Pour ce qui est de juger du soutient de la communauté à dotgay, ICANN s’est focalisé sur ILGA, la grande association mondiale de défense de la cause LGBT. ILGA a été la défenseure la plus visible du dossier dotgay, mais était loin d’être la seule. Il y a eu des centaines d’ONG à travers le monde qui soutiennent dotgay, mais ICANN n’a vu que ILGA. ICANN reconnaît la représentativité et la légitimité d’ILGA, mais comme il ne s’agit pas d’une organisation désignée par un vote de l’ensemble des LGBT du monde, elle n’est pas asseez repréntative, donc un autre point perdu.

Mais le plus gros vient du fait que le nom du domaine est « gay », alors que dotgay prétend représenter les lesbiennes, les bi, les trans, les intersexe, les alliés, etc. ICANN va jusqu’à dire des trucs du genre « mais vous savez, il y a des trans qui ne sont pas gays ». Ben oui. Mais dotgay a bien expliqué pourquoi il a choisi le mot « gay » comme nom de domaine pour représenter une communauté très diverse. En rejetant le dossier dotgay LLC, l’ICANN montre son mépris total pour notre communauté et sa diversité.

En revanche, dans le même communiqué, l’ICANN a annoncé que d’autres communautés étaient reconnues, telles… les hôtels. Pour l’ICANN, lls hôtels constituent une communauté, mais pas les gays.

Le nom de domain .gay mis aux enchères, cela voudra dire que l’heureux gagnant aura comme seul intérêt de rentabiliser son investissement, et de revendre des noms de domaine au tout venant, logiquement aux sites pornographiques. Alors que dans le projet communautaire de dotgay LLC les acheteurs auraient été agréés pour confirmer leur appartenance à la communauté LGBT et alliée, l’entreprise commerciale qui risque de gagner laissera libre champ aux homophobes et aux pornographes pour obérer toute utilisation intelligente de .gay.

Ce soir des représentants de dotgay LLC vont rencontrer des délégués de l’ICANN. De nombreux organismes seront présents aux côtés de dotgay LLC pour montrer que ce mépris et ce rejet ne sont pas supportables. De notre côté, nous sommes invités à nous adresser à l’ICANN sur les réseaux sociaux en utilisant le mot-dièse #ICANNisBroken, pour pousser l’ICANN à reprendre ce dossier en main, dossier qu’ils ont magistralement malmené depuis des mois et des années.

Non classé | 09.10.2014 - 07 h 17 | 0 COMMENTAIRES
La gestation pour autrui (GPA) est déjà légale en France
bloggpa

Sarkozy, Valls, Hollande, Boutin, et l’ensemble des réacs sont contre la gestation pour autrui (GPA). Ils réclament le maintien de l’illégalité de la procédure qui consiste à faire porter par une femme l’enfant qu’on ne peut pas faire soi même.

Mais à y réfléchir, la GPA existe en France. Elle est légale. Elle est même encouragée par le droit et le système social.

Car lorsqu’un homme engrosse une femme, n’est-il pas en train de l’exploiter comme couveuse pour l’enfant il ne peut porter lui même ? Dans le schéma habituel du mariage traditionnel, l’homme fournit aux besoins de la couveuse, qui en plus de lui faire un héritier, assure aussi l’ensemble des tâches ménagères.

Alors que pour la GPA telle qu’elle est réclamée par les couples homosexuels l’exploitation de la femme qui porte l’enfant s’arrête à la naissance, dans le mariage traditionnel, elle continue : la couveuse devient allaiteuse, devient éducatrice, devient bonne à tout faire pour que l’homme puisse avoir un enfant, mais sans s’en occuper.

Je suis d’accord avec les anti-GPA : les femmes ne sont pas des couveuses. Aussi faudra-t-il priver de leurs droits parentaux indûment usurpés l’ensemble des pères biologiques.

S’ils veulent des bébés, faudraient qu’ils les portent eux mêmes comme dieu l’a voulu et qu’ils arrêtent de se servir de leurs compagnes comme couveuses d’héritiers.

Du coup, tous les père biologiques seront prochainement privés de droits parentaux. Les quatre enfants de Manuel ne sont plus des Valls, mais des Soulié. Les quatre enfants de Nicolas ne sont plus des Sarkozy, mais des Culioli, des Ciganez-Albéniz, ou des Bruni, selon.

Et vu leurs pères, pas sûr qu’ils ne s’en porteront pas mieux.

 

Non classé | 07.10.2014 - 19 h 30 | 7 COMMENTAIRES
L’équipe de rugby masculine de la London School of Economics suspendue pour sa brochure sexiste, raciste, et homophobe
lse

La London School of Economics (LSE) jouit d’une très grande réputation comme établissement d’enseignement et de recherche, sur l’ensemble des sciences sociales et non seulement les sciences économiques. Je me l’imaginais fréquentée surtout avec des étudiants et chercheurs d’un certain âge, déjà établis dans le secteur. Mais en fait, c’est une grosse faculté, faisant partie de l’Université de Londres, et accueillant plus de 10 000 étudiants, dont presque la moitié en licence. Et où l’on trouve des jeunes, on trouve du sport (2500 étudiants pratiquent un sport universitaire), dont, Angleterre oblige, le rugby, tant masculin que féminin.

Au début de chaque année scolaire le bureau des élèves organise une foire aux associations. A la table du club de rugby masculin, les nouveaux étudiants pouvaient découvrir une plaquette de présentation bourrée de propos racistes, sexistes, et homophobes.

Parmi les perles de ce document, le journal étudiant The Beaver relate :

« Nous à la LSE, nous n’apprécions pas boire de l’urine ou  prendre part aux différentes formes d’humiliation homosexuelle. » On peut s’en étonner, puisuqe le document indique aussi que : »les mercredi sont sûrs de produire le cocktail hédoniste parfait de barbarismes, breuvages, et femmes, agrémenté d’un certain homo-érotisme ». Bon…

La plaquette traite les sportives de la fac comme des hommasses qui font du sport juste pour le privilège de retrouver les rugbymen. De manière générale, pour ces rugbymen, les femmes c’est soit des moches à ignorer, soit des pétasses.

A la lecture de ce document, des étudiants, et en premier lieu des étudiantes de la Feminist Society de la fac, ont alerté les responsable du bureau des élèves (qui jouit en la matière d’une grande autonomie par rapport à l’administration de la fac), qui a saisi les documents et ouvert une enquête.

Le club de rugby a tenté de limiter les dégâts avec un communiqué qui à la première lecture faisait plutôt bien, et qui disait notamment:

« Le club de rugby masculin ne tolère ni misogynie, ni homophobie, ni discrimination d’aucune sorte ».
Cela a l’air bien… sauf que la plaquette est l’évidence même de misogynie, homophobie, et discrimination de toute sorte. Parfois les paroles parlent plus fort que les paroles.

Plus consternant, le communiqué montre que l’équipe n’a rien compris :
« Nous avons beaucoup à apprendre sur les effets pernicieux de ‘badinage’ et nous organisons un atelier pour tous nos membres. »

C’est vrai que le « badinage » sexiste, raciste, et homophobe est un problème dans le sport, et qu’un atelier peut être une bonne manière de s’y attaquer. Mais en l’occurrence il ne s’agit pas de propos de vestiaire : c’est un document officiel qui a du être vu par des dizaines de personnes avant sa diffusion.

Le bureau des élèves a décidé de suspendre le club pour l’année scolaire.

Voilà pour le volet collectif. Pour ce qui est des responsabilités individuelles, comme lors de l’enquête initiale aucun membre du club n’avait pas le sens de l’honneur assez dévélopé pour assumer sa part de responsabilité, l’enquête se poursuit, avec des sanctions à déterminer ultérieurement.

LSE était connu jusqu’ici comme établissement du premier rang (classé 2ème au monde dans les sciences sociales), comme berceau de 16 prix Nobel, et comme institution influente en matière de politique et politiques publiques. Aujourd’hui, et pour au moins quelques jours encore, elle sera connue comme la fac fréquentée par une bande de jeunes gens particulièrement grossiers.

Non classé | 26.09.2014 - 18 h 42 | 0 COMMENTAIRES
Vote du conseil des droits de l’homme de l’ONU : Qui vote quoi ?
unvote

Vote par le conseil des droits de l’homme des Nations Unies ce jour d’une résolution dénonçant la violence et les discriminations anti-LGBT.

Ont vote pour : Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Autriche, Chile, Corée du Sud, Costa Rica, Cuba, Estonie, Etats Unis, France, Irlande, Italie, Japon, Macédoine, Mexique, Montenegro, Pérou, Philippines, République Tchèque, Royaume Uni Venezuela, Vietnam
Ont voté contre : Algérie, Arabie Saoudite, Botswana, Cote d’Ivoire, Emirats Arabes Unis, Ethiopie, Gabon, Indonésie, Kenya, Kuweit, Maldives, Maroc, Pakistan, Russie
N’ont pas voté : Burkina Faso, Chine, Congo-Brazzaville, Inde, Kazakhstan, Namibie, Sierra Leone
unvote

Actu | Sport | 26.09.2014 - 16 h 29 | 2 COMMENTAIRES
Pour que le petit pas du CIO en faveur de l’égalité ne soit pas le dernier
iocagenda2020

Certaines organisations, celles qui ont le plus profité de la visibilité offerte par le choix du Comité international olympique de tenir les derniers Jeux olympiques d’hiver à Sotchi dans la si homophobe Russie, étaient ravies de crier victoire lors de l’annonce faite par le CIO qu’une clause interdisant la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle serait incluse dans le contrat liant le CIO et la ville hôte pour la prochaine sélection.

L’on comprend que des groupes qui cherchent à se rendre plus visibles, à améliorer leur couverture médiatique, et augmenter leur potentiel en matière de récolte de fonds pourriaent décrire cette annonce comme une victoire qui leur incombe (tout en ignorant des groupes avec un engagement plus long et plus durable en la matière, par exemple la Fédération des Gay Games, Human Rights Watch, ou le mouvement Pride House).

Quel est l’apport de cette modification de contrat ? Que faudrait-il que fasse le CIO pour changer réellement le mouvement olympique pour respect le principe du sport pour tous, dont les sportif/ves LGBT ? Considérons d’abord la révision proposée du contrat. Voici la nouvelle clause L du contrat (notre traduction) :

Attendu que la Ville et le comité olympique national reconnaissent et acceptent l’importance des Jeux et la valeur de l’image olympique, et conviennent de conduire l’ensemble des activités d’une manière qui promeut et valorise les principes fondamentaux et les valeurs de l’Olympisme, en particulier la prohibition de toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres, ainsi que le développement du mouvement olympique.

Et voici la même clause dans le contrat pour Londres 2012 :

Attendu que la Ville et le comité olympique national reconnaissent et acceptent l’importance des Jeux et la valeur de l’image olympique, et conviennent de conduire l’ensemble des activités d’une manière qui promeut et valorise les principes fondamentaux et les valeurs de l’Olympisme, ainsi que le développement du mouvement olympique

Seule différence, les mots en gras, tirés directement du Principe 6 de la Charte olympique. De toute façon, comme on pourrait s’y attendre, la Charte olympique était déjà intégrée dans le contrat ancien, notamment ici (notre traduction) :

La Ville, le comité olympique national, et le comité d’organisation assureront la promotion des principes fondamentaux et des valeurs de l’Olympisme, dont, et sans limite, leurs aspects sociaux, éducatifs, esthétiques, et moraux comme approuvés par le CIO en conformité des les Principes fondamentaux de la Charte olympique.

Le grand pas en avant serait alors qu’on ait copié du langage existant vers une autre clause. Mais quoi que dise All Out et Athlete Ally, ce langage ne porte nullement sur l’homophobie, ni à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Depuis le lancement en 2010 de sa campagne Principe 5 (puisque le principe 6 de la Charte était auparavant numéroté comme principe 5) la Fédération des Gay Games, comme beaucoup d’autres (à part Athlete Ally et All Out), a réclémé la révision de la Charte olympique pour faire de la protection contre la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle une exigence fondamentale du mouvement olympique. Pride House International a inclus cette demande dans ses appels au CIO avant etpendant les Jeux de Sotchi.

 

Au cours de cette même période, Jacques Rogge et son successeur comme président d CIO Thomas Bach ont insisté sur une interprétation du Principe 6 qui ferait en sorte que le mot « autres » porte sur l’orientation sexuelle ; Si le CIO dans son ensemble soutient une telle interprétation, il devrait être facile de modifier le texte pour le rendre explicite. Et sinon, cela veut dire que la modification du contrat avec la ville hôte est sans effet aucun pour ce qui est des LGBT.

 

Même si l’on voulait être assez généreux pour croire que cette modification du contrat soit significative, et qu’elle porte réellement sur l’orientation sexuelle, comment cet engagement sera-t-il suivi ? Le CIO va-t-il s’associer avec des ONG du domaine du sport LGBT et des droits de l’homme pour assurer une vigilance à ce sujet ? Et plus important encore, comment le respect de ces engagements contractuels sera-t-il garanti ? Il y a plein de mécanismes envisageables, mais si cette modification se limite à une déclaration de bonnes intentions, il n’y aura aucune sécurité pour les sportifs gay et les sportives lesbiennes participant aux JO.

De telle mesures de contrôle et suivi étaient prévues dans les contributions au projet Agenda 2020 du CIO d’organisations comme la Fédération des Gay Games, Human Rights Watch, et certains comités olympiques nationaux de l’Europe. L’Agenda 2020 ne sera entériné qu’au mois de décembre 2014, et ce serait très significatif si le CIO incorporait ces suggestions qui dépassent de loin un tripotage des attendus contractuels.

Toutes ces discussions ne concernent que le pays hôte des JO eux mêmes. Mais le véritable impact de l’homophobie dans le sport se trouve bien en amont des épreuves olympiques. Si l’on regarde des manifestations semblables, on peut voir le cas du Nigéria, où l’équipe de foot natioale a interdit les lesbiennes, sans être inquiétée par la FIFA. Ou plus récemment, le cas de Thierry Essamba, viré cet été de l’équipe nationale d’athlétisme du Cameroun avant les jeux de la Commonwealth à la suite de rumeurs d’homosexualité. Exclu de son équipe, de son sport, et désormais de sa famille suite à cette publicité, Thierry Essamba n’a reçu aucun soutien de la fédération des jeux de la Commonwealth (CGF). Et ceci malgré les propos tenus par son porte-parole en 2013 indiquant que : « jusqu’à ce qu’un pays interdit spécifiquement un sportif de faire de la compétition, ou fait quelque chose qui pourrait toucher directement au sport, aucune action ne sera prise contre des pays membres [homophobes] ».

Voici un cas évident de discrimination homophobe touchant au sport, avec l’organisme responsable qui ne fait rien. C’est trop facile pour des organisations comme la FIFA, la CGF, ou le CIO de prétendre protéger des sportif/ves lors de leurs compétitions, tout en laissant oeuvrer leurs pays membres homohobes dans les inquiéter. Si des sportifs gais et sportives lesbiennes sont empêchées de venir à ces manifestations, les garanties de protection ne veulent rien dire. Il n’y a pas de gloire à protéger les absents.

Thomas Bach est de toute évidence plus éclairé que d’autres présidents du CIO. Il travaille au sein d’une organisation composée de pays membres bien moins éclairés, et l’on comprend que le progrès sera lent, même au sein du CIO, sans parler de ses pays membres. C’est admirable que Bach ait reconnu que le sport n’existe pas dans une tour d’ivoire, et qu’il est intimement lié au contexte économique, social, et politique qui l’entoure, en déclarant la semaine dernière que « pour assurer le fonctionnement du sport mondial, il nous faut être politiquement neutre, mais aussi comprendre que nos décisions ont des implications politiques. »

C’était ambitieux pour Bach de lancer le processus Agenda 2020 au début de son mandat, et d’inclure la discrimination homophobe dans ce projet. Lui, et le CIO, doivent faire plus que cette modification mineure d’un contrat. Beaucoup de personnes intéressées attendent de voir si les diverses contributions en faveur des droits de l’homme seront intégrées au document final au mois de décembre.

Le mouvement olympique dépasse, selon ses propres déclarations, un événement biennal. Il prétend concerner l’ensemble du monde sportif. Ses pratiques et ses politiques inspirent celles de nombreuses autres organisations sportives dans le monde. Il est peut être impossible de changer les politiques dans les plus de 100 pays membres du CIO, mais au sein du CIO lui même, l’organisation a besoin d’être à l’avant-garde du progrès, et faire les les changements idoines pour assurer que le sport soit pour tous, même pour les sportif/ves homosexuel.le.s.